LES VOIES DE PELERINAGE EN ROUSSILLON

L’association s’est, dès le début, fixée le but de rechercher les voies de pèlerinage de Saint Jacques dans le Roussillon.

Les difficultés sont réelles pour les retrouver à notre époque.
Les différentes sorties dominicales ont eu ce but ainsi que la découverte des richesses culturelles du département.
Ces voies ont emprunté certainement au début du premier millénaire ce qui subsistait des voies romaines en Roussillon.
Les vestiges actuels de ces voies sont peu nombreux et essentiellement concentrés dans la vallée de la Rom (Les Cluses, Col de Panissars).

      

Le Roussillon était terre de pèlerinages : dans beaucoup de villages (comme par exemple à Ille-sur-Tet, Millas, Villefranche-de-Conflent) persistent les vestiges ou le souvenir d’un hôpital St Jacques ou d’un hospice accueillant et soignant les pèlerins. Ceux-ci étaient également accueillis dans les nombreux monastères de la région.

Les pèlerins venant du Nord faisaient étape à Perpignan : St François d’Assise lui-même s’est arrêté à Perpignan en 1211 et 1215 à l’aller et au retour d’un pèlerinage à St Jacques de Compostelle. Il fit également étape à Barcelone. A Perpignan, il créa à cette occasion pour l’accueil des pèlerins le monastère des franciscains dont il ne reste que la salle capitulaire devenue chapelle : Notre Dame des Anges récemment restaurée par le conseil général des Pyrénées-Orientales.

De Perpignan, les pèlerins avaient plusieurs possibilités suivant la période de l’année, les conditions climatiques ou les situations politiques locales, pour rejoindre le chemin de Jaca et ensuite le " Camino Francés " :

Par le Sud, principalement par l’ancienne " Via Domitia " passant par Le Boulou, St-Martin-de-Fenollar et ensuite le col de Panissars ou ont été édifiés au Moyen Age sur les ruines des Trophées de Pompée, un hospice et l’église  Ste Marie de Panissars. Le passage des pèlerins est attesté par des coquilles retrouvées lors des fouilles du cimetière.

Un passage des Albères est également signalé par le col de l’Ouillat, Requesens et Vilabertran. Cette voie passait par St-Genis-des-Fontaines et le prieuré de Notre Dame du Vilar (église et fresques du IXème) où une salle d’accueil des pèlerins est en cours de restauration. D’autre part, un passage par le col de Banyuls permettait la relation avec l’Empordà, avec étape à l’abbaye bénédictine de Sant Quirze de Colera, déjà importante à la fin du Xème siècle, lorsque Cluny commençait à développer le pèlerinage à Compostelle.

Par l’intérieur des terres et le massif montagneux en empruntant :

  • Soit la vallée de la Têt par le " Chemin du Roi " (Cami real) les conduisant de Ille-sur-Têt ou l’hospice St Jacques assurait l’accueil des pèlerins, jusqu’à Puigcerdà et ensuite la Seu d’Urgell, après étape au célèbre hospice du Col de La Perche.

  • Soit par le Vallespir, sous la sauvegarde de la vénérable abbaye bénédictine de Ste Marie d’Arles, la plus ancienne des pays catalans, en traversant les Pyrénées par ses fondations d’étapes, Ste Marie de Coustouges au Sud-Est et surtout l’hospice de Ste Marie du Coral et l’antique hospice de Ste Marie du Col d’Ares qui dépendait, lui , du monastère St Pierre de Camprodon au Sud.

Cette description des voies de pèlerinage est sommaire car on sait, concernant le cheminement des pèlerins que ceux-ci n’hésitaient pas à s’écarter du " Chemin " pour visiter tel ou tel monastère ou se recueillir ici ou là en divers lieux saints.